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Le mot "doula", (du grec ancien), est utilisé aujourd'hui dans
le domaine de la périnatalité, pour nommer une femme qui a pour
vocation d’aider une autre femme et son entourage pendant la grossesse,
l'accouchement et la période postnatale, grâce à son expérience
et à sa formation. Elle incarne la figure féminine qui se tenait
autrefois auprès de la femme qui met au monde son bébé,
aux côtés de la sage-femme.
Aux Etats-Unis le mot “doula” est entré dans le dictionnaire
et désigne une femme qui accompagne la mère pendant la périnatalité.
Elle accompagne, soutient, entoure, les femmes seules ou les couples, et leurs
proches.
Elle n’exerce pas le métier de sage-femme.
Elle s’engage à la confidentialité et si elle exerce professionnellement,
elle se soumet au secret professionnel.
Voici différents points pour mieux comprendre :
Philosophie
Un accompagnement dans la continuité
Le
père et la doula
Une
source d'informations
Un
savoir-faire et des outils
Une
écoute et un soutien moral dans le respect mutuel
Une
aide après l'accouchement
Des
effets positifs prouvés
Petit
historique
Philosophie
:
« Etre doula est une manière
d’être et non de faire »
Nous, les doulas, sommes convaincues que les parents savent ce qui
est juste pour eux et pour la naissance de leur enfant.
Le rôle de la doula a souvent été décrit comme celui
de « materner la mère » Elle est celle avec qui on partage,
une compagne de route…
Les parents font appel à une doula principalement pour qu’elle
les écoute, les soutienne, et pour qu’elle réponde à
leurs besoins, sans les juger. Elle n’est pas là pour remplacer
ou exclure le père ou autres membres de la famille et elle ne doit pas
être intrusive dans leur intimité.
La Doula peut leur permettre d’accéder par eux mêmes aux
informations qui leur sont nécessaires (basées si possible sur
la recherche scientifique). Elle doit veiller à ne pas précéder
la demande des parents, ni même orienter leurs décisions ou projets
dans quelque sens que ce soit.
Elle accompagne les parents en conservant sa neutralité avec sensibilité
et dans l’amour en prenant soin de ne pas influencer leurs choix à
eux selon ses convictions personnelles.
Les parents sont accompagnés dans la continuité
et la doula les soutient dans leur cheminement de la grossesse jusqu’aux
premiers mois après la naissance de leur enfant. Elle est une figure
familière du couple, de leur(s) enfants, de la famille, présente
tout au long de leur apprentissage de la parentalité. Elle offre aux
parents la stabilité de son engagement ainsi qu’un soutien
"sur mesure" pendant plusieurs mois.
Elle s’engage au secret professionnel, et ne divulgue
pas ce que son exercice lui aura permis de connaître d'intime, de familial
ou de médical sur les femmes, les couples, les bébés qu’elle
accompagne. Aucun accompagnement religieux à la naissance n’est
proposé mais l’orientation religieuse des parents est totalement
respectée. Elle ne fait pas de prosélytisme.
La doula est toujours en apprentissage. Car sans une démarche
d’ouverture, de développement personnel et de connaissance de soi
elle n’a pas l’objectivité nécessaire pour transmettre
la confiance en eux-même à la femme/aux parents qu’elle accompagne.
Il existe plusieurs formations autour de l’accompagnement de la naissance
en France et à l’étranger. Cependant une formation
n’est pas une fin en soi. Il n’est pas utile de croire
qu’une participation à des ateliers de 2 ou 3 jours ou à
une formation sera suffisante pour devenir doula. Etre doula c’est avant
tout être dans une démarche de réflexion personnelle constante
sur soi-même et sur sa pratique. Cela étant, une bonne connaissance
de la physiologie de la grossesse, de la naissance et de la période post-natale
est indispensable pour soutenir la femme à trouver ses propres solutions.
Elle n’est pas un coach de la naissance qui va dire ce que la femme/ les
parents, doivent ou ne doivent pas faire car cela est dé-responsabilisant.
La doula doit utiliser ses outils avec sagesse pour aider à créer
l’environnement que la mère et les parents souhaitent pour accueillir
leur enfant.
Une doula n’est pas une thérapeute et ne pratique aucun
acte médical, ni n’établit de diagnostic. Elle
ne dispense pas de consultation ni examen ou avis médical d’aucune
sorte.
Son accompagnement est complémentaire de celui de la sage femme
ou du médecin et ne remplace en aucun cas le suivi médical de
la mère pendant sa grossesse et l'accouchement. La doula ne
suit pas la femme enceinte – elle l’accompagne.
Elle ne peut pas être présente à un accouchement sans la
présence d'une sage-femme ou d'un médecin.
Elle soutient et promeut le travail des sages-femmes, dans
le respect réciproque de leurs compétences. Elle travaille à
créer du lien, des réseaux entre tous les intervenants médicaux
et sociaux.
Les doulas sont solidaires les unes des autres, prêtes
à se soutenir mutuellement, à mettre leurs compétences
en commun, et à partager leurs acquis. Elles travaillent avec
leurs limites, là où elles en sont dans leur chemin.
Elles peuvent référer un couple à une autre personne si
elles ne se sentent pas capable d'accompagner ce couple.
Il n’existe pas un modèle unique de
doula - en effet il y a autant de doulas différentes que de femmes.
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Un accompagnement dans la continuité
Aujourd'hui en France, il est rare qu’une mère soit suivie par
la même personne tout au long de la grossesse, rare qu’elle connaisse
la sage-femme qui sera présente lors de son accouchement et qu’elle
ait pu établir une relation de confiance avec elle. Il est rare que la
même sage-femme soit présente tout au long de l'accouchement surtout
s'il est long. Si la mère est suivie par un obstétricien, si tout
se déroule normalement, il est rare de le voir avant la phase ultime
du travail. Dans la période postnatale, et au cours de l'allaitement,
la femme voit, là encore, une sage-femme différente, des puéricultrices,
infirmières, auxiliaires, aides soignantes, pédiatre, etc…
toutes personnes, certes, hautement qualifiées, mais qui sont le plus
souvent étrangères pour elle.
Les visites prénatales sont dans la plupart des cas très courtes,
les cours de préparation, quand ils existent, peuvent être donnés
par des sages-femmes encore une fois différentes, et les informations
peuvent varier d'une personne à l'autre, ce qui est désorientant.
Le sentiment de sécurité intérieure de la mère est
une clé pour qu'un accouchement se passe bien. L'environnement médical
ne contribue qu'exceptionnellement à la sécurité affective
et inconsciente de la mère. La présence d'une doula est une bonne
réponse à ce besoin. Elle crée une continuité, établit
une relation de confiance, de complicité et d'intimité de femme
à femme, ce qui permet à la mère de se sentir en sécurité
à chacune des étapes du déroulement de la naissance.
Elle peut intervenir avant même la conception, et étendre ses
services jusque dans la période postnatale, celle-ci étant définie
de la naissance à… 3 ans.
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Le père et la doula
Dès les rencontres prénatales, la
doula peut être une interlocutrice importante pour le père, qui
bien souvent n'a pas de lieu de parole, ni de personne à qui poser ses
questions durant la grossesse.
Elle peut lui apporter une aide morale, lui transmettre des outils qui ont aidé d'autres parents pour accompagner sa femme.
Lors de l'accouchement, la doula peut, si le père
le souhaite et le formule (ou en a formulé la demande), l’aider
à trouver sa place en le guidant dans ses gestes et ses paroles pour
mieux accompagner la mère. Elle peut lui permettre de comprendre ce qui
se passe sur le déroulement des événements qui jalonnent
la naissance.
La présence de la doula auprès de la femme peut aussi donner au
père la liberté d’aller et venir, voire de s’absenter,
sans se culpabiliser. Du point de vue la mère, elle ne fait plus peser
tout le poids de sa demande de soutien sur le père, elle se libère
de l’éventualité de lui en vouloir dans le cas où
il craquerait.
Il peut se trouver débordé par des peurs face à l’expression
de la douleur de la femme en travail, et à l’intensité émotionnelle
de l’événement, et il peut avoir besoin d'être soutenu
lui-même. La doula apporte à la mère et au père le
réconfort, l'ancrage et le recul d'une femme d'expérience. Son
implication émotionnelle est différente, plus distanciée.
En tant que femme, elle peut aussi rassurer le père sur l'état
particulier, instinctif dans lequel se trouve sa compagne durant l'accouchement.
Avant la naissance, certains hommes sont particulièrement réticents
à l'idée de la présence d'une doula, y voyant une intrusion
dans leur espace privé ; après la naissance ils sont parfois les
plus partisans, mesurant la difficulté dans laquelle ils se seraient
trouvés sans l'appui d'une femme neutre et expérimentée
qui renforce leur rôle, leur donnant plus de liberté pour apporter
un soutien personnel.
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Une source d'informations
Une doula est disponible pour la mère et aussi pour son compagnon,
à l'écoute de leurs questions. Elle les soutient dans leur quête
de renseignements et les oriente vers les sources d'information, pour que le
couple soit autonome dans ses décisions. Elle peut aussi en cas de besoin
diriger les parents vers les médicaux ou vers des personnes spécialisées
(conseillère en lactation, osthéopathe...), et aussi vers d’autres
parents qui pourront partager leur expérience avec eux.
Les doulas doivent pouvoir fournir une information aussi objective, complète
et actuelle que possible, éventuellement basée sur la médecine
factuelle, grâce :
- à leurs formations, lectures,
- aux conférences auxquelles elles assistent,
- à une bonne connaissance des outils qui permettent d'accéder
aux études scientifiques,
- aux réseaux de doulas qui permettent l'échange d'informations,
- etc…
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Un savoir-faire et des outils
La plupart des doulas ont une double expérience de la naissance : celle
d'avoir accouché elles-mêmes, et celle d'accompagner les femmes.
Une doula a à cœur d'aider les parents à s'approprier cet
événement. Elle sait que la femme a en elle les ressources nécessaires
pour cela, et elle a confiance en la femme qui donne la vie. Elle a acquis des
outils qui peuvent aider les mères à vivre leur accouchement dans
le respect de leur corps et de leur enfant, dans le respect de leurs croyances,
et dans le respect de la physiologie si celle-ci est possible et souhaitée.
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Une écoute et un soutien moral dans le respect mutuel
Lors de l'arrivée d'un enfant, et en particulier du premier, la mère
comme le père peuvent se trouver submergés par des émotions
ou des questions et souvent ils sont sans interlocuteur. La doula peut les aider
à créer un espace de confiance où ils pourront s'exprimer
ensemble ou séparément. Elle pourra simplement les écouter
et répondre dans la mesure du possible à leurs questions, leur
apporter des informations, des suggestions, sans les juger. Elle pourra les
soutenir dans leurs démarches si nécessaire et dans leurs choix.
Elle pourra aussi les mettre en contact avec d'autres parents qui auront déjà
vécu une expérience similaire et qui pourront partager ces vécus
avec eux.
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Une aide après l'accouchement, pour l'allaitement
Pour la vie quotidienne : son rôle peut être
très important dans la période postnatale, soutien indispensable
à la femme dans ces moments sensibles, les plus beaux mais aussi parmi
les plus difficiles de sa vie, à une époque où la famille
est nucléaire, où elle ne bénéficie pas de l'aide
de la vie communautaire. La doula peut aider à l'organisation du quotidien,
parfois compliquée au début (gestion des aînés,portage en echarpe, trucs
et astuces…).
Pour l'allaitement : la doula a souvent elle-même allaité, ce qui lui permet
d’être un soutien réellement efficace pour la mère
qui allaite.
Les résultats des études le montrent. Voir Doula,
accouchement et allaitement paru dans Les Dossiers de l'Allaitement
Debriefing:
La naissance d’un enfant constitue l’un des évènements
les plus marquants de la vie d’une femme. Pour certaines personnes, y
compris les hommes, il peut s’agir d’une épreuve à
dimension initiatique. Un besoin fondamental d’en re-parler peut advenir
et son corollaire, la nécessité d’être écouté(e)
dans un esprit bienveillant devient indispensable.
Une doula, témoin direct de l’évènement, peut permettre
cela, participant également à son niveau, à la pérennité
de la mémoire.
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L'accompagnement à la naissance : des effets positifs prouvés
Des essais cliniques randomisés (références ci-dessous)
sur le soutien émotionnel et physique pendant le travail ont démontré
de multiples avantages :
. 50% de diminution du taux de césarienne
. 25% de réduction du temps de travail
. 60% de réduction de demande de péridurale
. 30% de réduction d'utilisation d'analgésique
. 40% réduction de l'utilisation de forceps
The
Doula Book : How a Trainder Labor Companion Can Help You Have a Shorter, Easier
and Healthier Birth
Second edition- by Marshall, Phyllis Klaus and John Kennell (Perseus Press,
2002)
Voir aussi le document publié par MIDIRS (the Midwives Information and
Resource Service, Grande Bretagne) Support
in labor (soutien pendant l'accouchement) qui présente les statistiques
de 10 études randomisées controlées portant sur plus de
3000 femmes.
Petit historique (en cours de construction)
Le terme doula vient en effet du grec et fut utilisé la premiere fois
aux Etats Unis par Dana Raphael en 1973 dans son livre ''The Tender Gift'' et
designait des femmes qui aidaient et soutenaient des mères pendant la
période post-natale autour de l'allaitement.
Le mot fut ensuite repris par Jane Arnold en 1981 où elle avait créé
un service de soutien post partum pour les mères a New York City.
Joan Singer et Valerie Spain reprenne le mot doula a Boston pour proposer le
même genre de services dans le post natal.
L'activite de la doula s'est ensuite developpée pendant la grossesse
puis durant l'accouchement.
Ce terme a ensuite été repris dans les années 80 pour désigner
cet accompagnement de femme à femme, non médical, dans des études
scientifiques menées par les docteurs Marshall et Klaus, et est demeuré
tant dans la littérature scientifique depuis.
C'est à présent un terme utilisé et reconnu dans le domaine
public à travers le monde entier.
C'est pourquoi nous avons appelé notre association l'Association Doulas
de France.
Vous pouvez également consulter notre page "Etudes
sur les doulas" où vous trouverez plus de publications
scientifiques sur ce sujet.
Voir aussi la foire aux questions (FAQ)
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